LE MONDE DE MARIE

 

La scène se déroule dans un petit appartement parisien du côté de … peu importe, imaginez une fin d’après midi au mois de septembre, un ciel grisâtre, où l’air trop chargé en CO2 vous donne des envies d’évasion brutale à la campagne. Rien ne présage de l’extraordinaire qu’il me fut donné de vivre quelques minutes après. Pas le moindre petit indice, ni les conditions atmosphériques, ni même mon état d’esprit peu enclin après 25 minutes de puanteur de métro, ne me permette d’imaginer qu’en sortant, je ne verrais plus jamais les choses comme avant. En réalité, et vous verrez par la suite qu’elle n’est pas toujours celle que l’on croit, je ne suis pas encore dans l’appartement. Déformation professionnelle pas très glorieuse, j’ai l’oreille collée à l’une des portes du 7ème étage, un chiffre mystique qui scier parfaitement à la situation des plus… Incroyable ? Invraisemblable ? Improbable ? Hallucinante !

Je suis venue interviewer Marie, une artiste talentueuse, illustratrice, graphiste et me voilà derrière sa porte telle une … ( comment qualifie-t-on les gens qui écoutent aux portes ?) espionne de la CIA, des renseignements généraux pour les plus chauvins d’entre nous, attentive aux moindres paroles.

Marie discute, avec qui, je ne le sais pas encore…. Et pour le moment j’ignore la portée de ma découverte ! Ecoutez plutôt .

 

Acte 1 : DEVINETTE.

 

L’inconnu (une voix fluette, sortie tout droit d’un dessin animé, assez doucereuse, féminine, un peu trop mielleuse à mon goût mais tout à fait audible, et c’est ce qui nous importe en l’occurrence )

 

Inconnu : Comment as-tu défini ton style, ta griffe ?

Mais dis donc, c’est journée interview à la chaîne ou quoi ? En plus il me pompe mes questions, et il commence seulement maintenant ! Mais l’heure c’est l’heure, après l’heure c’est plus l’heure.

Marie : Mon inspiration initiale, le point de départ ce sont les poupées asiatiques. Ensuite, la précision de mes dessins, leur finesse, apporte une touche de réalisme, un côté enfantin. Tout ça se précise au fur et à mesure.

 

Inconnu : Et pourquoi les poupées asiatiques ?

Bien curieux celui-là. En même temps, ça semble être son job !

Marie : J’ai découvert le phénomène des poupées asiatiques sur internet. Ce sont des poupées très fines, où tu peux acheter chaque parties séparément et qui valent très chères. Ce ne sont pas des poupées de porcelaines, mais des poupées en résine, extrêmement délicates, avec des morphologies différentes et vendues en quantité limitée. Lorsque les filles les reçoivent, elles font elles-même le maquillage, et certains artistes sont même payés pour le faire. C’est assez fascinant, parce que ces filles ont beaucoup d’affection pour leur poupées alors qu’elles sont  adultes, les poupées valant en moyenne 15 000 euros. Il y de véritables mises en scène sur des blogs qu’elles éditent au nom de leurs poupées et où elles les font parler. J’ai trouvé ça à la fois effrayant et fascinant de voir que des femmes qui n’ont pas toujours la vie qu’elles souhaiteraient, se projètent à travers un objet pour vivre la vie dont elles rêveraient. C’est très révélateur de la société actuelle, et très asiatique.

 

 

Inconnu : Suis-je unique ?

Etrange comme question…

Oui, tu l’es. Mes personnages sont différents à chaque fois. Même si j’essaye d’en faire deux identiques, ils finissent toujours par être différents. Vous n’avez jamais la même morphologie, les même cheveux… J’aime travailler ainsi pour pouvoir faire évoluer à chaque fois aussi bien la technique que l’esthétisme. Je fais des petits changements, j’essaye de nouvelles choses et du coup vous êtes tous différents. Chaque partie du visage, chaque mouvement de cheveu, je ne m’interdis rien.

 

La fatigue aidant, je commence par me dire que je débloque, que ma carrière dans les services secrets est avortée avant même d’avoir commencé, que je suis un peu folle et qu’il faut définitivement que j’arrête d’écouter aux portes !

Je décide alors, dans un élan impulsif et sûrement pour me rassurer, de frapper.

En réalité je sonne, mais comme je vous l’ai dit précédemment, la réalité n’est pas toujours celle que l’on croit.

Marie m’ouvre. Longiligne dans son jeans slim et ses chaussures à talons.

 

Acte 2 : LA RENCONTRE.

 

Marie : Bonjour, entres !

Moi ( que l’on nommera « Médusée » parce que je ne cesserais d’être baba, sidérée, estomaquée durant toute cette rencontre). Je reprends donc.

Médusée: Bonjour, je ne te dérange pas ?

Marie : Non, pas du tout, je travaillais sur mon ordinateur.

Etrange décidément, vraiment très étrange. J’entre dans son petit appartement cosy, des magazines sont posés sur une table basse, elle fait la couverture de l’un d’eux avec l’une de ses images. Ca ne m’étonne pas, cette fille a du talent, c’est indéniable, comme inscrit dans l’air. Ce qui m’étonne davantage c’est qu’il n’y a personne d’autre, juste elle, moi et mes gros yeux. Je reste stoïque, professionnelle comme à mon habitude.

Marie : Un petit quelque chose à boire ?

Médusée : Un jus de fruit avec plaisir.

Elle s’éclipse dans la cuisine, et je passe la pièce au crible, j’analyse d’un regard chaque recoin. Muni de mon détecteur rayon laser ultra-super perfectionné, je tente de déceler l’homme invisible, au cas où, reste de ma carrière furtive dans « les forces très spéciales ».

RIEN.

 

Médusée : Alors tu travailles sur ordinateur ?

Maire : Oui, avec un logiciel de dessin vectoriel que 90% des graphistes utilisent. Je l’ai découvert vers 10/11 ans, c’était les début de la PAO, les imprimantes étaient encore en noir et blanc. Je dessinais des cartons d’anniversaire que je coloriais ensuite à la main. Mon père était un fan d’ordinateur, donc d’année en année je découvrais les nouvelles versions. J’ai grandie avec le logiciel en apprenant à m’en servir toute seule et au fur et à mesure qu’il rajoutait de nouvelles fonctions, je les découvrais, et m’exerçais. C’est une des raisons qui ont fait que je me suis profondément ennuyée à l’école. Quand j’y suis arrivée à l’âge de 18 ans, j’avais déjà quelques années d’expérience derrière moi et tout le monde débuter, tu imagines !

J’ai appris en même temps à dessiner en cours de dessin traditionnel parce que mes parents m’avaient inscrit à des cours à droite à gauche. J’ai donc vraiment appris ces deux méthodes en même temps, et la fusion c’est faite toute seule. J’avais envie de dessiner mais à l’ordinateur et non pas au crayon. Ce n’était pas une nécessité, je trouvais ça juste intéressant de pouvoir faire des choses différentes sur ordinateur, plus précises, plus délicates. Du coup j’ai creuser en ce sens, pour obtenir des images de plus en plus fines, dessiner les cheveux un par un, de manière très picturale, par touches successives de couleurs, en travaillant sur les ombres, un peu comme un sculpteur.

Médusée : Normalement comment procède-t-on?

Marie : La plupart des gens travaillent en aplat. Tu dessines les contours, puis tu remplies d’une couleur. Pour ma part, j’avais envie de faire quelque chose que personne ne fait. En plus le fait de dessiner les cheveux un par un, c’est quelque chose d’extrêmement long, je peux passer 20 heures rien que pour ça sur un personnage ! Du coup ça ramène l’idée de temps au travail sur ordinateur. Ce n’est pas parce que l’on travaille sur ordinateur que c’est systématiquement plus rapide et facile. Et il y a également une notion d’affect qui entre en jeu. Les petites filles passent des heures à brosser les cheveux de leurs Barbie, et bien moi je passe des heures à positionner chaque petit cheveu avec attention, et pas à n’importe quel endroit ! Le mouvement des cheveux donne aussi beaucoup de caractère au personnage, un peu torturé ou très soyeux. Du coup j’insiste vraiment sur les cheveux. C’est la plus petite entité d’une personne et c’est ce qui est le plus en mouvement, le plus délicat. C’est très intéressant à travailler.

En tant qu’autodidacte, je me suis rendue compte que je maniais le logiciel d’une manière très personnelle, tu t’appropries vraiment le médium que tu utilises. J’ai développer mon langage en apprenant seule à utiliser mon ordinateur et à dessiner. Du coup j’ai mes propres petites techniques, je pense logiciel. Je ne fais pas du tout de croquis, je commence tout sur ordinateur et je réalise tout à la souris.

                                                                                                

Médusée : Comment choisis-tu l’expression de tes personnages, en fonction de quoi ?

Marie : Un peu de tout. Je m’inspire de mon enfance, très marrante où je faisais des tas de choses avec mes parents. On voyageait beaucoup, mes grands-parents étaient gardiens d’un château vide, où l’on allait souvent. Un peu conte de fée, j’en lisais beaucoup d’ailleurs. C’est un mélange de tout ça, d’histoires féeriques, imaginaires, presque science-fiction. Et puis j’allais à beaucoup d’expo, j’adorais Kandinsky, des choses très classiques mais également très imaginatives. Un gros mélange. Puis ma sensibilité, tout est très intuitif, ça vient tout seul en réalité. Je pense que c’est pour cette raison qu’il y a une certaine facilité dans mes images, ce n’est pas quelque chose de torturé, de très gribouillé.

 

Médusée : Qu’en est-il du décor ?

Marie : Il dépend énormément du personnage. Je ne travaille qu’en improvisation, je dessine donc d’abord le personnage et lorsqu’il apparaît j’arrive à percevoir l’image globale, comme une évidence ; Avec la mer en fond, l’un de mes personnage est devenu une sirène.

J’utilise beaucoup de symbolique. Des petits clins d’œil, un rattachement à la culture, ce que tout le monde reconnaît. Sur certaines de mes images il y a un petit taureau, comme les personnages très gentils de Myasaki qui sont maintenant rentrés dans la pop culture. Tout le monde a vu ces dessins là., ce n’est pas élitiste, une sorte de renvoi à ce que tu as vu et dont tu as entendu parlé. C’est également pour cette raison que j’ai travaillé sur Blanche Neige, une partie de la culture occidentale, un peu universelle. Tout le monde peut s’y reconnaître et tout le monde l’aura lu un jour ou l’autre. Ce sont des thèmes qui m’intéressent, que j’aime m’approprier. De plus, mes personnages sont difficiles à situer dans le temps, dans l’espace puisque ce sont des poupées. Du coup j’aime bien y ajouter des petites choses, comme des collages pop qui parlent aux gens.

 

Médusée : As-tu un message à faire passer à travers ton art ?

Maire : C’est un appel à l’imagination, on est de toutes parts assailli par les informations, beaucoup de choses très négatives qui nous collent les pieds à terre et nous ramènent à la réalité de manière trop brutale. Je n’ai pas du tout de message politique ni de message engagé ou féministe. Au contraire comme je ne m’interdis rien c’est davantage une ouverture, un appel à l’imagination.

De plus je fais des images que j’aimerais bien voir sur mes murs, contrairement aux artistes obscurs de l’art contemporain qui font des installations à base de caddies. C’est un autre rapport à l’image et à l’art. C’est assez décoratif dans un sens, on se fait plaisir en essayant de faire plaisir aux autres, une échappé de la réalité .

 

Médusée : Pas de message féministe mais pourtant il n’y a que des filles ?

Marie : J’ai un garçon, mais tout le monde pense que c’est une fille, du coup j’ai arrêté d’en faire. Je travaille tellement de manière fine et délicate qu’on dirait des filles. Il n’y a pas de solution à ça. La manière dont je travaille pousse à ce que ce soit féminin.

 

Médusée : L’esthétisme a donc une grande place dans tes œuvres ?

Marie : Oui. Comme je suis dans l’image pure, j’estime que j’ai terminé une image à partir du moment où elle forme un tout et qu’elle est agréable à regarder. C’est forcément un objectif à atteindre.

 

Médusée : Et les animaux ?

Marie : Il y a souvent, des oiseaux…. Mais j’aime bien le fait que je ne m’attache pas aux proportions et qu’on peut avoir un personnage géant avec de tout petits animaux. C’est le côté monde de poupées. On imagine quand on est enfant que l’on pourrait avoir un tout petit oiseau, et puis le posé là, et qu’il reste là….

 

Médusée :Une guitare avec des yeux ?

Marie : Je fais souvent des objets avec des yeux. Comme mes personnages sont des poupées c’est à dire des objets vivants, j’ai tendance, quand je dessine des objets, à vouloir leur donner vie. La lune a un visage. C’est un monde d’objets vivants !

 

 

Médusée : Tu travailles pour des marques, des magazines, des musiciens, ton idéal professionnel ?

Marie : Je travaille en effet pour Fornarina, une marque italienne et une très bonne expérience mais dans l’idéal, j’aimerais vivre de mes expositions.

Aujourd’hui je vends des tirages, mais j’expérimente encore plusieurs supports. Le papier absorbe la lumière alors que l’écran la renvoi comme une lampe. Comme je travaille sur ordinateur, ce n’est pas évident de retourner à l’objet, trouver le médium idéal. Le jour où tout le monde aura de grands écrans télé plats, il n’y aura plus de soucis. Takashi Murakami, a réalisé ses personnages en 3D pour Vuitton. Pour ma part, je cherche encore le moyen de sortir mes fichiers de l’ordinateur. Fornarina m’a permis de reproduire mes personnages en format réel.

 

Médusée : Les contraintes commercial engendrée par ta réussite peuvent-elles nuire à ta créativité ?

Marie : C’est toujours un bras de fer entre le galeriste, les collectionneurs et l’artiste, beaucoup pour une question de temps. Mes tournées sont déjà prévues à l’avance alors que les images ne sont pas encore faites. C’est un challenge. Mais je n’accepte pas tout. Il faut accepter certaines choses, en refuser d’autres. Par contre je passe beaucoup de temps à répondre à des messages de particuliers ou de médias. Ca a un côté intéressant parce que plus tu communiques sur ce que tu fais plus tu en apprends. Quand on travaille dans l’image on ne parle pas au quotidien de ce que l’on fait, c’est très instinctif, on analyse uniquement lorsqu’on te pose des questions dessus. C’est très instructif.

 

Médusée : Comment juges-tu tes oeuvres ?

C’est très difficile. Je fais appel à d’autres gens, des regards différents. En plus je suis très critique donc si je m’écoutais je ne finirais jamais. C’est aussi pour ça que je m’investie beaucoup sur myspace. J’ai fais visiter mon expo à des enfants, les réflexions étaient incroyables.

 

Médusée : T’arrive-t-il de ne pas finir une image ou de tout recommencer?

Marie : Tout le temps, je travaille dans l’impro, je ne sais jamais ce que ça va donner à la fin. Alors parfois j’abandonne et je fais autre chose. Les deux tiers de ce que je fais partent à la poubelle.

 

Médusée : Es-tu déçue par certaines de tes œuvres ?

Marie : Non, pas vraiment, je n’ai pas non plus des années de recul mais comme j’expérimente beaucoup la technique, je vois les différences de rendus de mes premières images. Des fois je me dis que ça aurait pu être plus fins, la couleur plus délicate…. Mes premières images sont des étapes dans une progression.

 

Médusée: Si l’un de tes personnages parlait que pourrait-il te dire ou te reprocher ?

Marie me sourie, comme pour exprimer quelque chose de l’ordre de l’indescriptible…

Marie : Mes cheveux ne sont pas assez fins. Au début, je ne travaillais qu’en noir et blanc, alors sûrement de la couleur, et peut être plus de maquillage….

 

Acte 3 : LA REVELATION.

 

La pièce a prie une toute autre couleur, douce, chaleureuse. Marie me montre ses œuvres sur un écran gigantesque où la lumière jaillie de façon quasi surnaturelle. Ses personnages aux grands yeux me regardent comme animés d’un peu de vie. Rien de logique, juste un sentiment étrange qu’il y a ici bien plus qu’un travail abouti, comme un peu de magie.

Médusée : Dis-moi Marie, avec qui parlais-tu tout à l’heure ?

Marie : Quand ça ?

Je lui avoue l’inavouable, mon oreille collée à sa porte et mes tentatives manquées façon 007 mais sans les gadgets. Je la vois sourire, je crois qu’à ce moment précis je l’ai attendrie, lui rappelant combien l’enfance nous est proche et comme il est bon d’y revenir, parfois.

 

Marie : Tu sais garder un secret ?

Bien sur que je sais garder un secret, comme tout bon agent, mais elle le sait déjà. La question n’attendait pas de réponse, à la rigueur une simple confirmation. Ses doigts s’agitent sur le clavier comme pour taper un code, celui d’une porte, d’un passage, de quelque chose de définitivement très secret. La lumière de l’écran est de plus en plus forte, quasi aveuglante. Le temps d’une seconde je ferme les yeux. INCROYABLE !

Voilà cette petite bonne femme, le visage rond, angélique, fascinante. Sortie d’un écran comme le lapin d’un chapeau, magique ! Je n’ai plus de voix, je suis « médusée ».

 

Inconnu plus tout à fait inconnu : Combien de temps mets- tu pour nous façonner ?

Marie : Pour un personnage comme toi, une vingtaine d’heures sur les cheveux, puis une quinzaine d’heures sur le reste. Je crois que vous avez plus de cheveux qu’une vraie personne.

A ce moment là je fais de la figuration, les zygomatiques bloqués en mode « Jocker » dans Batman. Je regarde, j’écoute, j’hallucine. Le petit personnage a prie le relais et Marie ne semble pas plus perturbée que Buddha en pleine méditation. De mon côté, et bien je tente de réguler tant bien que mal les battements de mon cœur même si étrangement la scène ne m’effraie pas. L’atmosphère est agréable, cotonneuse, fantastique…

 

Personnage : Pourquoi Marie Mijn Schatje

Marie : Parce que ça veut dire « ma chérie, mon amour » en néerlandais. Ma mère est néerlandaise.

 

Personnage : Si tu n’avais pas fait ça, qu’aurais-tu fait ?

Marie : Je n’en sais rien, je ne suis bonne qu’à ça !A part faire des poupées… J’ai du mal à m’imaginer dessiner autre chose. C’est ce que je vois quand je ferme les yeux. C’est une nécessité, tu le sais.

 

Personnage : Alors c’est une réussite ?

Marie : Aujourd’hui j’arrive à vous faire voyager, j’ai un public qui m’apprécie, me suit, beaucoup à l’étranger. Je suis sur un bon chemin, mais je sais que je vais devoir sacrifier encore mes week-ends pendant quelques années. J’ai des centaines de messages sur myspace de personnes qui me disent que j’ai de la chance de faire ce que je fais. C’est sympathique mais c’est aussi très naïf car c’est énormément de travail. C’est tout simplement que j’investie toute ma vie dedans, je n’ai pas de week-ends, je ne travaille que sur mes images, je n’ai pas un boulot de bureau pour assurer ma retraite. Je pense qu’il existe un problème dans la mentalité française voir même internationale, où beaucoup  pensent que les artistes sont une espèce de race à part entière, née avec un talent et qui a toujours su faire ça alors qu’eux ne peuvent pas. Or c’est totalement faux et beaucoup de gens gagneraient à essayer d’être un peu plus créatifs même si ils sont obligés d’avoir un vrai boulot pour nourrir leur famille…

La culture, l’investissement ont une part très importante dans la réussite, l’accomplissement. Si tu cherches vraiment, tu peux trouver ce en quoi tu es bon. Après il suffit juste de se valoriser un peu qu’on soit bon en cuisine, ou autre. J’ai eu la chance de me mettre à chercher très tôt ce dont j’avais envie.

 

Personnage : Avec qui je pourrais partager un bout d’écran ?

Marie : J’aime beaucoup l’anglais Ray Caesar. C’est beaucoup plus sombre que ce que je fait, du travail en 3D où il utilise différentes textures de peau.

La japonaise

J’avais fait un dessin en collaboration avec un autre artiste, qui ne travaille qu’à la main, le mélange des deux était très chouette, rappelles-toi.

 

Personnage : Si on pouvait sortir, où m’emmènerais-tu ?

Marie : J’aime bien les petits cafés pas très classes de Paris, où tu peux te laisser aller sans te soucier de ce que tu dis, de ta tenue…. Le Canal Saint Martin…

 

Personnage : Quel créateur choisirais-tu pour m’habiller ?

Marie : Jéremy Scott. Des fringues importables mais trop drôles.

 

Personnage : Sur quelle musique me ferais-tu danser ?

Marie : Abba, Kumisolo, des grands standards pop rock revisités…

Je reprends lentement mes esprits, une question me taraude…

 

Médusée : Te voilà face à moi maintenant, j’en profite ! Qu’aimerais-tu dire à Marie, toi qui sais parler ?

Pardonnez-moi la formulation de cette dernière question, mais j’avoue avoir du mal à réaliser. Ce n’est pas tous les jours que la fiction devient réalité ! Imaginez, qu’un soir de septembre on se met à rêver, tout en couleurs, avec des cils en fleurs bordant de grands yeux, et de petits oiseaux bleus.

 

Personnage : Merci Marie.