Froid hivernal

 

Froid hivernal, le temps impose sa cadence, « piano, pianissimo ». Système D pour réchauffer les chairs, le poil hérissé aux allures de poulet, je masse ardemment ce corps frêle en mastiquant un chewing-gum saveur d’été, périmé.

Je me contente de l’utopie d’un voyage sous les tropiques comme pensée déviante et, d’un geste promptement assuré, j’allume une cigarette en guise de combustible.

Fin d’un mois de novembre qui parasite l’enthousiasme des plus valeureuses âmes positivistes.

Je me traîne à la recherche de carburant et étrenne une vieille soupe en brique, visqueux velouté aux couleurs douteusement orangers. Piètre consolation.

Je penche pour un bon bain moussant au doux parfum de lavande, un brin de Provence égaré sur le bitume parisien. Opération risquée, et mon âme de guerrière s’est comme évaporée. Le ballon d’eau chaude à l’agonie, déploie toute son incapacité après s’être livré à la douloureuse tâche du nettoyage de quelques bols et assiettes entassées. Intolérable cruauté d’un monde matérialiste aux déficiences nauséabondes.

Je m’allonge tout du long, les yeux accrochées sur ce qu’il reste d’un semblant de plafond. La peinture décrépie aux faux airs de ciel cotonneux, dessine un blondinet aux grands yeux bleus.

Quelques embruns marins, un léger bruit de vague et ma pensée divague…