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HO, HO, HO...
24 décembre au soir. Le ciel d’un rouge vif semble s’être embrasé de toutes parts. L’océan s’est paré d’une barbe d’écume cotonneuse à souhait. On a branché au loin une guirlande de lumières, silhouette montagneuse qui s’érige, insolente, au pied de l’océan. Quelques vaillants téméraires jouent des ondulations alors qu’au loin la vierge, d’une illumination, semble veiller sur eux.
Descente assurée d’une future montée assassine, je serpente les lacés les pieds emmitouflés de laine des Pyrénées, royale. Regard amusé jeté sur quelques lézards qui feignent l’indifférence. L’un d’eux, bien moins peureux, me lance un « Zorionak eta Urte Berri On!» des plus chaleureux. Sa queue meurtrie sectionnée façon sushi, illustre quelques secrets de guerre. Ancien pilier du BO, fervent défenseur d’une cause en rouge et blanc, Al le lézard alimente mon retard d’un conte captivant sur l’habitat environnant. Un reptile pas avare et plutôt « Al Lez » dans ses élucubrations. L’animal décline mon invitation, nous ne consommons pas les mêmes mets. J’ose imposer le holà pour m’échapper d’un pas léger. Rendez-vous pris sur les marches de la Côte des Basques pour un festin festif accommodé. Mélodie musicale de vagues échouées aux battements réguliers, comme si se dessinait ici, le cœur de la vie. Histoire de pottok et d’indien, l’air est glacial et le rictus facial se consomme sans modération. Du haut de nos trente et quelques années, on débat diablement, « non, un mégot c’est 10 ans ! » Dépense d’énergie à propos d’écologie... Discussions musclées, nos esprits échauffés s’éteignent d’un bain de pied, magique. Il est bientôt minuit, une vague se retire, j’aperçois une botte, droite. Les paris sont lancés, les yeux rivés sur le sable mouillé, devinez ? La botte, gauche. Un manteau rouge et blanc, une ceinture, un pantalon, et voici le bonnet surmonté de son divin pompon. Les paroles cessent, les regards se redressent, tous dans une même direction. Des cris au loin témoignent d’une profonde satisfaction, « Yahoooooooooooooooooooooooo !!!!!!!! » Papi Noël a succombé à Biarritz la Belle et ses rivages irréguliers. L’homme est à poil et l’on se poile de le voir surfer. C’en est fait, la magie de l’endroit a bel et bien opéré. Alors demain matin, si près de votre sapin, vous sentez quelques embruns marins vous titiller le nez, ne vous demandez pas pourquoi. Ho, Ho, Ho !!!
Jessica SEGAN. |