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Obrigada Lisboa
Mettre un pied devant l’autre, déplacer la masse lourde et engourdie, comme percutée de plein fouet, cravachée, assommée. Parcours chaotique, jonché de cadavre, l’esprit enterré au fin fond d’une vodka tonic. Le pied bat mécaniquement la rythmique, l’heure est au bilan et je frôle la crise de panique. Calée, affalée, siège en sky et odeur de fauve nauséabonde, on se la TAP à bord, collés serrés genoux contre dossier. Week end fashion, petite cure d’égotrip pour journaliste en mal de confiance. Pétillant, décadent, poudré et défoncé, « Lisboa » la sinueuse, useuse de corps, croqueuse d’envie, même le plus infime effort est un torrent à traverser. On se débat, on se défend, à la merci d’un corps qu’on ne sait plus piloter. Obrigada Lisboa, le décollage sera pour cette fois-ci « my last high way ». Scotchée, accrochée, le dérapage encore trop frais. A 319, voleur de Km qui nous ramène à la réalité. Paris me voici.
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